
La chasse tue : des animaux, en grand nombre et pour rien. Elle met des promeneurs, vététistes, joggeurs, amateurs de forêts ou de champignons, en danger. Cela, on le sait déjà. Mais elle diffuse son message mortifère chez les plus jeunes enfants, avec le soutien complice de beaucoup, et le silence coupable des autres.
La chasse en Corrèze, c’est un monde à part. Un monde et ses acteurs protégés par les pouvoirs politiques de toutes sortes : le Conseil Départemental, la Préfecture, et plus grave encore, l’ONCFS1 (on y cherche encore les défenseurs de la faune sauvage, tant tous les postes sont trustés par les chasseurs). Des subventions publiques qui coulent à flot : il suffit de se rendre à la Maison de la Chasse et de la Nature, à Champagnac-la-Noaille (60 ha), pour réaliser que beaucoup de moyens lui sont alloués. C’est un peu de l’acharnement thérapeutique : sans tout cet argent public, sans une communication tous azimuts, cette la fédération départementale s’éteindrait en même temps que ses adhérents ; car il y a un besoin pressant de trouver de nouveaux adeptes et pour cela, tous les moyens sont bons.
Association agréée au titre de la protection de l’environnement, le prosélytisme va bon train « dans le but de sensibiliser à l’environnement et de faire découvrir la faune sauvage et la flore locale ». Cible de choix : la jeunesse. Il n’est pas rare de voir les chasseurs investir les écoles pour « expliquer » aux enfants les bienfaits de cette activité pour la nature et la nécessaire régulation de celle-ci. Au-delà de l’absurdité d’une telle mascarade pour tout bon naturaliste, il y a derrière ça un réel besoin de recrutement. En effet, l’âge moyen des chasseurs augmente et leur nombre diminue inexorablement. La publicité pour le permis gratuit et les offres promotionnelles se multiplient2. Les cars affrétés par le Conseil Départemental pour permettre aux enfants d’aller « visiter » la Maison de la Chasse et de la Nature ne désemplissent pas (1 500 enfants par an se rendent sur ce site). C’est d’ailleurs toute une page du site internet de la Fédération des Chasseurs de Corrèze (FDC 19) qui y est consacrée3. Les enfants corréziens ne sont pas épargnés durant leurs vacances car des visites du lieu sont proposées aux centres de loisirs, ou aux familles, directement. Il suffit de jeter régulièrement un oeil dans La Montagne pour voir cette propagande devenir une simple « activité », comme s’il s’agissait d’aller à la piscine !
Lavage de cerveau et atteinte aux libertés vont souvent de paire. Se promener dans les bois et forêts en période de chasse peut s’avérer très dangereux. Nombre de personnes renonce d’ailleurs à la faire. Quand on sait que chasser en ébriété ne constitue pas une infraction (eh oui !)4, la prudence est de mise. Il y a quelques semaines, un sanglier a été abattu sur la commune de Gros-Chastang alors qu’il se trouvait au milieu d’un pré dans lequel plusieurs ânes étaient présents paissaient. Il ne faut pas céder et continuer à sortir, à nous promener. Rien ne leur appartient, surtout pas la nature. Rapprochez-vous des associations écologistes, naturalistes du département5 pour contrer le discours « pro chasse » qui s’infiltre dans les écoles. Une campagne existe au niveau national pour l’interdiction de la chasse le dimanche, ce qui ne manque pas de susciter l’ire de la FDC 196. Nous comprenons qu’il y ait péril en la demeure dans les contrées corréziennes.
1 – Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage
2 – http://www.chasse-correze.fr/
5 – Liste non exhaustive sur le site de Corrèze Environnement : http://bit.ly/2fiY5Yv
Pour aller plus loin
– Giraud Marc (2014) : Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus. Allary Editions, Paris
– Fajardie Frédéric H (2002): Petit traité de la chasse par un de ses détracteurs. Editions du Rocher, Paris
– www.aspas-nature.org
Dersou Ouzala




