
Apparue au début du XX e siècle, la psychanalyse a bouleversé le monde de la psychologie. Cependant, condamnée à explorer les faces cachées de l’esprit, elle ne pourra jamais être officiellement reconnue comme une science, et restera, jusqu’à nos jours, soumise aux controverses. Malgré tout, cette nouvelle discipline, initiée et représentée par Freud, a ouvert le champ à un domaine non considéré jusqu’ici : l’inconscient. L’inconscient, contrairement à l’idée reçue, ne vient pas s’opposer au conscient, mais peut être considéré comme l’une de ses parties, une partie voilée, non accessible, mais, pourtant, fondamentale. Il s’agit des coulisses de notre esprit, des fondations (Ré)introduire l’inconscient dans le domaine de la psychologie, c’est opérer un retour au concept grec de psykhḗ, c’est-à-dire d’âme, essence interne qui met en mouvement l’être. L’inconscient serait, alors, notre face cachée, notre essence, là où le conscient serait notre face dévoilée, notre substance. Un des disciples de Freud, Carl Gustav Jung, identifiera, quelques années plus tard, la névrose comme « la désunion existentielle entre le conscient et l’inconscient » 1 , et attribuera l’augmentation contemporaine de ce trouble au « rationalisme de la vie
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sur lesquelles
il repose.
moderne l’inconscient la fonction de l’irrationnel ». Ainsi, les instabilités de notre psyché trouveraient leurs sources dans notre « hypocrisie », celle de notre refus à « reconnaitre l’irrationnel comme une fonction psychique qui doit être nécessaire ».
Pour Jung, la santé de l’esprit passerait, donc, par un accroissement de la connaissance de soi, qui ne pourrait se réaliser sans l’exploration « du côté obscur de l’âme ». Il introduira le concept d’archétype comme « image primordiale » ou « forme de représentation donnée à priori », pour qualifier cette toile de fond sur laquelle repose l’esprit, que l’individu ne peut connaître qu’à travers un effort d’attention et d’analyse minutieuse, pour espérer en dévoiler l’essence. Mais, Jung ne s’arrête pas là et pousse son analyse plus loin, en y intégrant la notion de socius. Il démontre que toute psyché est le résultat, certes, d’une expérience empirique personnelle mais, également, d’un héritage commun. Nos cultures, nos langues, nos coutumes ou nos récits du monde apparaissent archétypiques, « une sagesse conférée par l’expérience d’innombrables millénaires ». Il
Aucun. D’ailleurs Macron s’est emparé d’une partie de la trésorerie du CNC par des réformes et a nommé Dominique Boutonnat président. Ce dernier, condamné en juin 2024 à trois ans de prison dont deux avec sursis pour agression sexuelle, n’a toujours pas été remplacé. Aucun journaliste n’en parle. Aucun cinéaste ne s’en plaint. Où est la force politique du cinéma français ?
Société des réalisateurs de films, fondée en juin 1968 . 1 Centre National du cinéma et de l’image animée. 2
» « qui refoulerait dans
structures comme des
les nomme archétypes de l’inconscient collectif, et les considèrent comme l’âme de nos sociétés, à la source de nos symboles et de nos mythologies partagés, support de toute psyché identifiable, dans l’Histoire, à travers les mouvements religieux, cette fonction psychique, au contact du rationalisme, s’est retrouvée enfouie, dissimulée, au fin fond de nos esprits, dans notre inconscient. Difficile, donc, de la reconnaître, d’accepter son existence, et, à fortiori, d’identifier la source de nos troubles névrotiques, individuels comme collectifs.
Ainsi, la pensée de Jung nous invite à méditer sur ce qui compose notre identité, et, plus particulièrement, sur les liens inconscients qu’entretiennent entre eux les individus, mais aussi les sociétés, nous invitant à aborder nos relations sous le prisme de nos antinomies et synonymies archétypales.
Intégralité des citations issues de : C. G. Jung, 1 Psychologie de l’inconscient, Le livre de poche, 1996.
individuelle.
Aisément
FLAVIEN LANGE





