Menaces et intimidations au lycée
C’était jeudi 29 novembre, les lycéens n’étaient pas encore mobilisés sur le front social : une après-midi comme les autres pour les lycéens et étudiants du lycée « Barbanceys » de Neuvic.
Vers dix heures l’alarme incendie retentit. Tous le personnel et les lycéens connaissent le topo : un exercice. Tout le monde se dirige dans la bonne humeur jusqu’au gymnase.
Mais à ce moment là, l’histoire prend une toute autre direction. Les élèves voient débarquer une dizaine de gendarmes et des chiens renifleurs. On fait ranger les élèves en rang et on fait passer les chiens dans les rangs. Ils s’arrêtent et aboient sur certains élèves : ceux-là seront envoyés au poste, sans autre forme de preuve… Les chiens feront ensuite le tour de l’établissement.
Depuis 2004, les chefs d’établissements peuvent « demander le concours des services de police ou des unités de gendarmerie, notamment quand des situations de danger ou de trouble à l’ordre public l’exigent ». Parmi les membres du personnels de l’établissement, certains prennent la mesure du caractère délétère de ce type d’intervention sur la relation de confiance qu’entretiennent les profs et les personnels de l’établissement avec les élèves.
Personnellement, il y a quelques années, je m’étais fait prendre : un pion nous avait surpris avec un joint et nous avait conduit dans le bureau du pro… Je me souviens, un vieux barbu jovial… Il nous avait sévèrement remonté les bretelles, demandé de ne plus fumer dans les toilettes et avait conclu la conversation avec un accord à l’amiable et un sourire sincère en nous demandant de prendre soin de nous… Ni lui, ni le surveillant n’avaient envisagé – ou même simplement menacé – d’en parler à nos parents.
Si par malheur il devait y avoir un jour un incendie à Barbanceys, on s’étonnerait sûrement de trouver la carcasse grillée d’un ado dans les toilettes, qui aurait voulu esquiver un contrôle de gendarmerie, l’humiliation collective et la colère de ses parents…
J’ai retrouvé quelques années plus tard mon proviseur dans une manif’ contre la réforme des retraites, un drapeau rouge à la main… Aujourd’hui je comprends de quel coté il se plaçait…
Vingt ans plus tard, je mesure surtout la distance qui sépare le comportement de mon proviseur barbu de celui de Barbanceys.
Edambaudra





