
Après un EP (déjà) remarqué (Lesser man), le duo étasunien Boy Harsher ajoute avec ce premier album une pièce remarquable à l’univers de la musique électro-pop minimale à tendance darkwave. Des rééditions régulières sous différents formats depuis sa parution initiale en 2016 attestent d’un certain succès.
Augustus Muller & Jae Matthews mêlent un groove apparemment inné devenant parfois insidieusement irrésistible ‒ certains morceaux s’avèrent même tubesques (A realness, Yr body is nothing, Morphine) – à la belle voix relativement sensuelle de Jae et au ton détaché, peut-être désabusé, de son chant. La rythmique entraînante et la relative noirceur s’accordent en un harmonieux contraste. L’album allie ainsi un potentiel dansant à ce que l’on peut nommer un « pathétique émotif » (expression lue sur Internet à son sujet). Car c’est aussi sur le plan émotionnel qu’il fait mouche. Le passé de Augustus et Jae dans le domaine cinématographique n’est peut-être pas étranger à cette réussite.
Ours Noir





