
Voilà une petite histoire bien pétillante : nous sommes face à monsieur le préfet de la Corrèze (face également à quelques personnalités grata, ainsi que JB, l’énarque prépubère en stage…) et devisons allègrement. Des joies de la haute fonction, clÂsse et neutre, (en opposition à l’irrespect crasse de la plèbe qui éructe de l’autre côté de la table deux fois trop grande…) et de la grandeur d’âme du haut fonctionnaire qui nous soutient – promis juré craché – face aux violences de l’État faites au monde associatif1 (mais non voyons, il ne peut dire ça… La neutralité, tout ça quoi…) !
Soudain, dans nos esgourdes essoufflées par près d’1h30 de grande union fraternelle (mon préfet, mon frère !) résonnent les trois mots prononcés : « … Qui nous soutient… » ! Nous soutenir… ça veut dire quoi ? Nous en profitons alors pour lui demander s’il se soutient lui-même (en tant que « chef » de la police et de la gendarmerie) dans le gazage des élus de la Creuse lors de la venue de Macron à Égletons au mois d’octobre dernier ?
La petite histoire de papi Bertrand – sur un prélude de Bach
Nous sommes tout ouïe. Notre préfet nous narre son histoire. Du tourneboulé de « tonfa » au vol-plané de bouclier en passant par la contrition la plus profonde et la justification la plus capillotractée, Bertrand Gaume tente assez pathétiquement de s’amender : C’est d’abord à cause des rebelles du printemps 2016 – déjà à Égletons, déjà avec Macron (alors ministre) – ; journée noire pour la sécurité nationale, où une horde de syndicalistes et son cortège de « little box » même pas « black » a déjoué le cordon dressé par des « policiers locaux débonnaires » (dixit le grand homme) pour aller faire le coup de poing (vraiment ?).
« Cette fois j’ai besoin de la garde mobile ! »
C’est alors ces salauds de GM&S, en 2017 qui n’en peuvent plus d’attendre une hypothétique rencontre avec Macron – que tente d’obtenir notre saint militaire en costume, dans les locaux de la mairie d’Égletons. Mais il vole Macron, et dans un avion en plus, or « un téléphone, ça ne capte pas avant d’être sous les 150 mètres »… Et donc nos ex-ouvriers creusois de se rendre directement sur les lieux ! Mais la garde mobile est… immobile ; les élus creusois présents sont un peu poussés par les barbares de l’usine, transpirants, poitrail saillant et luisant. « Des femmes en première ligne commencent à se sentir mal », alors le chef des Schtroumpfs « même pas casqué » ouvre un peu… Des manifestants tentent de passer… Et « on gaze par sécurité »…
La logorrhée du petit père du peuple bleu nous laisse sans voix… Seul reste en suspend une évidence que nous n’avions jamais imaginée : pour soulager ces « femmes » (un homme ça ne fait pas de malaise), rien de plus normal qu’un bon coup de gazeuse dans la gueule !
1 – voir dossier central de ce numéro
Pluton 427



