Quand l’État campe sur ses positions, des citoyens se mobilisent et arrivent à démontrer le contraire de ce que veut l’État. Les citoyens se prennent en mains.
Si nous n’avons plus besoin de présenter le conflit qui existe sur le projet d’aéroport à Notre Dame Des Landes, des citoyens de l’agglomération nantaise travaillent collectivement à présenter les chiffres et les solutions masqués de ce projet. Ils ont choisi un mode d’opposition basé sur des propositions constructives. Ils ont monté un « atelier citoyen » pour débattre et étudier les possibilités de ne pas déménager l’actuel aéroport de Nantes. En parallèle, la lutte, l’opposition, continuent tant que l’État n’a pas prononcé l’abandon définitif du projet.
L’aéroport Nantes Atlantique, selon les promoteurs de celui de NDDL (État, DGAC, collectivités locales, CCI…) est obsolète, non modifiable et trop petit pour accueillir une croissance galopante du trafic aérien. L’État et la Direction Générale de l’Aviation Civile, ont toujours fait la sourde oreille aux opposants. Leurs ardeurs n’ont pas été calmées par « La commission du dialogue » du gouvernement Ayrault.
Impulsé par le CEDPA 1 et l’ACIPA 2, l’atelier citoyen est une assemblée populaire ouverte à tous ceux qui souhaitent apporter leur pierre à l’édifice. L’expertise de professionnels est mise en mouvement, comparée, analysée et couchée sur le papier. Les pilotes de ligne habitués à cet aéroport expliquent les approches d’atterrissage des autres aéroports situés proches des centres villes. Des architectes chiffrent le coût de la rénovation de l’actuelle aérogare pour accueillir plusieurs millions de passagers par an. Des acousticiens modélisent les nuisances sonores de nouvelles phases d’approche…
« Nous avons des solutions ! »
Depuis 2 ans l’atelier citoyen a édité plusieurs cahiers3. En 40 pages chacun, ils décrivent précisément un thème abordé : « finances » et « le bruit » pour les deux premiers parus. Les solutions pérennes pour garder l’actuel aéroport en fonctionnement pour des décennies y sont décrites.
Par exemple, le cahier sur le bruit : « Autour de nombreux aéroports dans le monde, le bruit des avions a diminué et va continuer à diminuer avec une nouvelle génération d’appareils, nettement moins bruyants. Dans les aéroports régionaux français, en dépit d’un nombre de passagers plus important, il y a moins de vols en 2013 qu’en 2000 : les appareils sont plus gros et mieux remplis. »
« L’État français s’est appuyé sur ces réalités pour renoncer à son projet de transfert d’aéroport… à Toulouse ! » A Nantes, en revanche, le même État français, a décidé de les contredire. Ainsi, « la DGAC a choisi des hypothèses fausses et non réalistes pour calculer un plan d’exposition au bruit prévisionnel pour 2030, de façon à faire croire à une aggravation des nuisances sonores : le progrès technique des nouveaux appareils est ignoré, le nombre futur de mouvements d’avion est estimé selon une loi qui s’avère fausse… Des choix « à charge » qui, au final, triplent (sur le papier) les impacts de bruit. » de l’actuel aéroport.
« Nantes Atlantique 10 vérités qui dérangent » est le document synthétique en 4 pages. Il résume en 10 points les principaux résultats de l’atelier citoyen. Nous y apprenons par exemple que garder NA, dont la piste ne nécessite que des travaux de rénovation, coûterait 8 à 10 fois moins cher au contribuable que la construction de NDDL.
Ce qui est fait par l’atelier citoyen est une forme de lobbying. Cela étant il permet de connaître plus en détail les dossiers et de mettre en place de véritables alternatives. Le rassemblement des connaissances du péquin moyen y ont leur place et peuvent construire quelque chose de pertinent.
Les travaux de l’atelier citoyen seront-ils pris en compte par l’État ? Ce serait naturel dans la démarche de « démocratie participative » que le gouvernement socialiste souhaite développer.
Quand l’État reste campé sur ses positions, fait la sourde oreille aux propositions de citoyens, ment sur les chiffres pour imposer un projet et pratique la politique de la terre brûlée sur les ZADs, le peuple doit se demander si le mode de gouvernance ne se rapproche pas de la dictature.
1. Coordination des Élus Doutant de la Pertinence de l’Aéroport de NDDL
2. Association Citoyenne Intercommunale des Personnes concernées par le Projet d’Aéroport : www.acipa-ndl.fr
3. http://www.ateliercitoyen.org/?p=459
Yannig Jaouen




