Le Limousin aura son Vulcania : le « Limousine park » ! Qu’importe si l’exemple auvergnat est un perpétuel échec et qu’importe s’il risque de siphonner une partie de la clientèle du parc animalier du Reynou à 3km de là ! Un petit investissement de 3,7 millions d’euros et 17 années auront suffi pour mener à bien cette erreur grossière que le « bon sens paysan » aurait suffi à éviter. Ce « park » a pour seul objet de flatter et d’endormir les agriculteurs d’une filière en mal profond de reconnaissance. Bien sûr, les visiteurs n’y verront pas les conditions d’élevage intensif, les produits phytosanitaires, ou les tourteaux de soja OGM massivement importés pour nourrir les vaches. Il n’y verront pas non plus, les milliards d’euros de subventions versés par l’Union européenne pour maintenir sous respiration artificielle (ou léthargie ?) les hommes et les femmes d’une profession qui bien souvent n’a plus grand chose du « paysan ». Pendant qu’on leur explique qu’il n’y a pas (encore ?) de vaches mauves, les citadins lambda pourront continuer à rêver leur vie à la petite ferme traditionnelle (espace de pique-nique du parc), au « bon sens paysan », avant de se rassurer « de toute façon, ce ne sont que des profiteurs, comme les fonctionnaires… » Ce n’est pas à grands coups de millions, ni en montant les agriculteurs contre les écolos (et vice-versa) mais bien en faisant appel à ce fameux bon sens que les paysans retrouveront leur place et regagneront l’estime due au caractère essentiel de leur mission.
Agriculture et santé poubellique
Il semble que la dernière marche d’Allassac contre les pesticides a été annulée par principe de précaution. De la même façon, le Conseil de l’Ordre des médecins à été saisi par les agriculteurs : il s’agit là encore sûrement d’appliquer le principe de précaution : les pesticides sont peut-être tout à fait inoffensifs, alors pourquoi courir le risque d’informer les patients et la population ? En terme de pesticide, l’actualité était par ailleurs chargée : à quelques jours d’intervalle, le Ministère de l’Agriculture annonçait le classement de certains cancers (lymphomes non-hodgkiniens) comme maladie du travail pour les agriculteurs, et Ségolène, princesse du greenwashing nous apprenait son intention de faire interdire le désherbant Roundup (reconnu carcinogène probable par l’OMS) à l’usage des particuliers. On voit, là encore, toute la sagesse du gouvernement qui applique le principe de précaution pour ne pas l’interdire aux agriculteurs. Après tout, l’OMS fait sûrement fausse route ?



