
Le 12 février dernier, 17 militants du groupe altermondialiste basque Bizi se sont emparés de sièges de l’agence bancaire HSBC à Bayonne et les ont installés au local de leur mouvement. Avant de quitter la banque avec le mobilier saisi, sous les applaudissements des passants et des ouvriers d’un chantier voisin, les militants ont remis au responsable de la banque un exemplaire du « Livre noir des banques » que viennent de publier ATTAC et Bastamag.
Ils entendaient dénoncer ainsi le rôle joué par la banque HSBC dans l’organisation de l’évasion fiscale en France, après les révélations du quotidien Le Monde ce mardi 10 février. « L’évasion fiscale en France coûte chaque année de 60 à 80 milliards d’euros à l’État » a affirmé Jon Palais, porte-parole de Bizi ! « Le financement d’une loi de transition énergétique qui aurait un minimum d’ambition nécessiterait 30 à 40 milliards d’euros. C’est dire l’importance de ces chiffres et les conséquences catastrophiques de ce phénomène criminel, qui assèche les finances publiques. HSBC permet aux plus riches de voler la collectivité au détriment des crèches, des logements, de l’école, de la santé ou des transports publics. Bref, c’est Robin des Bois à l’envers, qui vole aux pauvres pour que les riches aient encore plus. »
« Nous appelons la population à agir pour exiger l’arrêt immédiat de ce pillage des finances publiques. » a déclaré pour sa part Sabrina Ravetta, autre représentante des activistes de Bizi ! « À nos yeux, le patrimoine et les biens d’HSBC qui organise sciemment ce hold-up à grande échelle doivent être immédiatement saisis et mis à la disposition de la puissance publique et de la population. Nous donnons aujourd’hui l’exemple : les fauteuils récupérés vont être installés au siège de notre association et contribueront ainsi à notre action publique au service de la transition énergétique et de la lutte contre le changement climatique. »
Le 17 février, Txetx Etcheverry, membre de la Coordination du mouvement Bizi ! est ressorti libre du commissariat de Bayonne. Son audition était organisée dans le cadre d’une enquête pour « Vol aggravé commis par des membres se revendiquant de l’association Bizi » ouverte après la saisie de 8 sièges par Bizi à l’agence bayonnaise d’HSBC. En sortant du commissariat, Txetx a déclaré à la presse : « Bizi a décidé de ne pas donner suite à la demande que la police lui a formulée jeudi dernier, de rendre au plus vite les 8 fauteuils et chaises. Le mouvement Bizi est disposé à rendre ces 8 sièges, mais seulement après que la banque HSBC ait elle-même rendu les 2,5 milliards d’euros que son système a permis de dérober aux recettes publiques françaises (dans le cadre de ses activités délictueuses rendues publiques par le quotidien Le Monde, et pour une période couvrant donc à peine moins de 6 mois). » Txetx Etcheverry a affirmé : « dès que la HSBC aura payé ces 2,5 milliards, Bizi ! s’engage à rendre immédiatement les 8 sièges. En attendant, ils seront mis à la disposition d’associations et d’ONG luttant contre l’évasion fiscale. La balle est désormais dans le camp de la banque » !
Le livre noir des banques
Des centaines de milliards d’euros : c’est ce qu’ont coûté les plans de sauvetage des banques françaises après le quasi-effondrement du système financier mondial en 2008. Indignation de l’opinion, grandes promesses de régulation : on allait voir ce qu’on allait voir pour recadrer une finance devenue « ennemie ». Six ans plus tard, où en est-on ? Les banques sont-elles redevenues utiles à l’économie et à la société ? C’est tout le contraire ! Elles paient toujours moins d’impôts et favorisent l’évasion fiscale. Nos banques coûtent très cher à la société et constituent une véritable et dangereuse bombe à retardement. Ce livre révèle le prix exorbitant, mais passé sous silence, de leurs activités et pourquoi les responsables politiques ont accepté, sans exception, de maintenir un système qui privatise les profits et socialise les pertes. Il montre comment les réformes annoncées ont été réduites a minima. Il retrace l’histoire de conflits d’intérêts et de collusions incroyables, d’une capture idéologique inouïe, de responsables politiques et administratifs sous influence. Une histoire de renoncements, d’aveuglements et de complicités. Entrons dans le monde des banques françaises. Là où la finance a un visage. Celui d’une oligarchie bancaire plus que grassement rémunérée, coupable d’un véritable hold-up planétaire…
Le Livre noir des banques, par Attac et Basta, février 2015, éditions Les liens qui libèrent, 320 pages, 21,50 €. ISBN : 979-10-209-0179-8
Pour en savoir plus : site de Bizi ! : www.bizimugi.eu





