Le dimanche 14 décembre 2025, à Tulle, salle Latreille, la Palestine a encore rassemblé et réchauffé les foules autour de son feu impérissable, lors de l’événement organisé par l’Association France Palestine Solidarité Corrèze (AFPS 19). Au programme, la conférence gesticulée d’André Rosevègue, membre de l’Union juive française pour la paix (UJFP), la projection de Women From Ground Zero de Rashid Masharawi, un échantillon du répertoire de la chorale « Nos voix pour la paix », des concerts de Guyom Touseul et Sébastien Chadelaud, un plat de résistance digne de ce nom, et un DJ set « Graines de Sumud » par Sneksnarc, pour finir en beauté. Le droit international en guise de boussole commune.
Jamais la Palestine n’a autant souffert
À l’heure où, à Gaza, la tragédie des inondations qui dévastent les tentes de fortune de près de 800 000 personnes déplacées s’ajoute au génocide toujours en cours, où en Cisjordanie occupée, l’annexion est de plus en plus brutale et assumée, où au Liban, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dénonce plus de 10 000 violations aériennes et terrestres par Israël depuis les accords de cessez-le-feu entrés en vigueur le 27 novembre 2024, où on dénombre plus de 330 journalistes tués par Tsahal (armée de l’État hébreu), des journées de soutien comme celle-là sont absolument vitales.

Une voix juive pour la justice et la paix
Pas de voix plus légitime que celle d’André Rosevègue pour dénoncer l’instrumentalisation criminelle de la lutte contre l’antisémitisme. Comment je suis devenu juif en l’an 2000, tel est l’intitulé de son acte d’éducation populaire. Et sans vous raconter toute l’histoire, on apprend que c’est la lecture d’un communiqué du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), dans lequel l’organisation juive estimait que « tous les descendants de victimes de la Shoah devaient se solidariser avec Israël menacé », qui finit de décider André.
« J’avais l’impression d’une appropriation insupportable de la Shoah par le Crif. J’ai alors signé en tant que juif pour les droits du peuple palestinien. Le Crif m’a, en quelque sorte, judaïsé. »
En 2002, il réalise son premier voyage en Israël et en Palestine, quelques mois avant d’adhérer à l’UJFP.
« Le discours d’Emmanuel Macron sur cette question, assimilant antisionisme et antisémitisme, s’aligne sur celui de Benyamin Netanyahou. Il vise à étendre l’idée qu’Israël représente les juifs du monde entier. En plus d’être faux, c’est extrêmement pernicieux. »
En bref, il nous montre comment un conflit politique et colonial, et non pas religieux, a conduit à transformer cette bande de terre, Gaza, en une prison à ciel fermé. Et, de quelle façon, quand les luttes sociales s’écroulent, on voit monter la religion comme facteur de division dissimulant les vrais conflits.
L’art comme poumon
De même, pas de regard plus légitime que celui des Gazaouis pour témoigner de leur quotidien anéanti par les bombes, transformé en quête désespérée de nourriture, d’eau, d’électricité, de carburant, d’Internet, de tentes, de tout. Qui d’autre pour décider quels mots, quelles images sont justes à poser sur leurs existences exterminées en direct sous les yeux du monde entier depuis le 8 octobre 2023, sachant que ce processus a démarré avec la Nakba, en 1948 ? Et c’est ce qui se produit à travers les courts-métrages de From Ground Zero, ou les dessins que Soheil Salem nous envoie au compte-goutte de Gaza et qui ont donné lieu à une exposition, ou le journal de bord de Rami Abou Jamous, publié chaque semaine sur le site d’Orient XXI… L’envie de fermer son clapet, de se laisser enseigner, le sentiment qu’ils sont les seuls capables de nous réhumaniser.
Aussi, n’hésitez pas à adhérer à l’AFPS 19 ou à venir nous voir sur les marchés et les rassemblements qu’on organise : afps-correze@etik.com / www.france-palestine.org
Le boycott, arme de résistance
Pour finir, gardons espoir : à la veille de la chute de l’apartheid en Afrique du Sud, personne ne savait que le lendemain, il chuterait. Tout peut arriver.
S’inspirant du mouvement de boycott de l’Afrique du Sud des années 1960 à 1990 qui permit de mettre fin à l’apartheid, la campagne « Boycott, désinvestissement et sanctions » (BDS) est un outil de résistance non violent, politique et légal lancé par les Palestiniens en 2005 pour lutter contre la colonisation, l’occupation et l’apartheid israélien. La campagne BDS est un mouvement international qui appelle les citoyens, entreprises et institutions au boycott d’Israël. Pour tout savoir sur la campagne BDS, un seul site : www.bdsfrance.org.
Le boycott cessera avec l’application des droits nationaux du peuple palestinien, reconnus et inscrits dans les résolutions de l’ONU, le droit international et les principes universels des droits humains.

Par l’AFPS 19
La Trousse Corrézienne DU LOCAL, DU LIBRE, DU BEAU, DE L'ECOLOGIE, DU DRÔLE, DU FRAIS