
Au Che, à Olympe de Gouges, à ma mère, aux torturés, aux exilés, à mon grand-père fusillé, aux enfants déchiquetés, aux résistants, à ma grand-mère déportée, à Angela Davis, aux Indiens des Plaines, à Sitting Bull, à mon père, à ma sœur, à Louise Michel, à notre abuella 1 des Andes…
Enfin une bonne nouvelle de la Terre, le mur est tombé, les femmes, les hommes brandissant la colombe de la paix d’un côté et de l’autre, tombés dans les bras les uns des autres, libres enfin pour réaliser ce rêve devenu réalité : un seul État. Par miracle, il faut le dire, tanks, drones, fusils tombèrent en poussière les hommes du passé aussi. Des coquelicots s’épanouirent. Les réfugiés entreprennent le retour chez eux, autour du cou la lourde clé de leur maison abandonnée, depuis la Nakba de 1948.
Chez nous, en France, comme partout dans le monde, l’heure est à la joie, effaçant les images terrifiantes d’enfants ensanglantés, la honte de notre impuissance. Nous avons retrouvé le sommeil.
C’est vrai, de toute part, des commandos d’hommes et de femmes étaient venus faire de leur corps un bouclier de protection sur les corps meurtris, certains se souvenant de la guerre d’Espagne, d’autres de leur résistance, dénoncés alors comme terroristes, d’autres encore de leur lutte de libération ou de murs tombés ailleurs.
Chez nous, en France, comme partout dans le monde, les manifestations d’une ampleur inédite ont entravé le processus de guerre, certains se souvenant de l’Afrique du Sud d’autres de la lutte des Noirs pour leur émancipation d’autres encore de la longue marche des Indiens pour la reconquête de leur dignité chacun se remémorant un morceau d’histoire pour se donner du courage et crier en chœur : « Gaza martyrisée ! mais Gaza libérée ! »
1. grand-mère, en espagnol.
13 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 56
JEANNE WACHTEL – 25 juillet 2014





