
Contrairement aux zones urbaines, dans les petits bourgs, les associations spécialisées n’interviennent pas, faute de moyens. Cela ne les empêche pas de placer des personnes exilées dans des lieux éloignés de tout… Habituellement, quelques habitants, par solidarité, prennent le relais. Mais dans certaines communes, il n’y a tout simplement personne : ni élus mobilisés, ni bénévoles, ni structures.
Dans les territoires ruraux, le vide institutionnel se transforme en désert d’accompagnement. C’est le cas à Argentat, d’autant plus depuis la
6 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 56
deux mois après le début des travaux, a lancé en urgence une nouvelle phase de déboisement, intervenant après la date butoir du 31 octobre, qui avait pour but de limiter l’impact sur les espèces protégées. » De plus, la logique de la séquence « Éviter-Réduire-Compenser » inscrite dans la loi se retrouve inversée ! Les mares destinées à compenser la destruction d’habitats amphibiens protégés sont programmées avant la fin de l’hiver 2025, après le début des défrichements, alors que l’étude d’impact exigeait qu’elles soient créées avant le début des travaux (deux ans si possible). La décision du tribunal administratif ne peut donc pas marquer la fin du combat. Une bataille juridique va être lancée pour qu’un procès sur le fond ait lieu.
disparition d’Eliette Baudry, élue municipale qui portait singulièrement l’accueil des personnes immigrées.
Une famille isolée a passé près de deux mois sans eau chaude à l’automne sans trouver un interlocuteur pertinent. Les quelques réfugiés politiques qui normalement devraient prendre des cours de français quotidiennement ont une dérogation car… ils n’y ont pas accès.
Pour les personnes immigrées installées en ruralité, la distance rend chaque étape infernale : sans véhicule, il leur est impossible d’accéder à un accompagnement juridique ou linguistique et elles sont dans un isolement complet face aux obligations administratives situées parfois à des dizaines de kilomètres.
Là où, au mieux, quelques citoyens bénévoles assument des missions théoriquement dévolues au service public, ailleurs, aucun filet de soutien n’existe. Cette absence de prise en charge place certaines familles dans une précarité administrative et sociale extrême, sans interlocuteur et sans solution. Quand on sait qu’on peut écoper d’une OQTF 1 pour avoir dépassé un délai de validité, c’est glaçant…
La solution de facilité serait de dire : « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde… » Mais ce qui manque aux personnes exilées pour pouvoir circuler, pour pouvoir faire leurs démarches sur place, etc., c’est ce qui nous manque à nous aussi ! À quand des transports publics dignes de ce nom ? À quand des interlocuteurs physiques pour les démarches du quotidien ? Nous avons besoin d’un minimum de présence et d’accompagnement dans les territoires les plus isolés, sinon la solidarité, faute d’épaules, ne peut plus jouer son rôle d’aide ponctuelle.
1. Obligation de quitter le territoire français.
Un appel solennel à une mobilisation massive des citoyens limousins est lancé pour établir un rapport de force démocratique. Un premier rendez-vous a été donné sur le site pour une balade et une replantation symbolique d’arbres le dimanche 30 novembre. Les élus décideurs sont appelés à se reconnecter au réel en venant sur place découvrir l’ampleur du désastre et comprendre que la volonté populaire ne peut plus être ignorée : ce sont notre territoire, notre environnement et nos finances publiques qui sont en jeu.
1. Condensé du communiqué de presse du collectif Alouettes 147.
Contact : 2x2voies@gmail.com
APRIL O’NEIL





